Organisation : Olivier Penot-Lacassagne
Colloque organisé par Olivier Penot-Lacassagne à l’occasion de l’exposition Beat Generation du 22 juin au 3 octobre 2016, à la Galerie 1 du Centre Pompidou.
Présentation
Les clichés qui entourent la Beat Generation ne doivent pas conduire à méconnaître la vigueur du réveil qu’elle annonça. La Beat Generation marqua un point de non-retour. Annonçant la contestation contre-culturelle des années 1960, les libérations qu’elle revendiqua secouèrent durablement la bien-pensance de cette époque. La Beat Generation, écrit le poète Allen Ginsberg, fut affaire d’individus et de singularités qui « prennent leurs responsabilités et disent ce qu’ils ressentent vraiment ». Cette injonction sera le fil conducteur de ce colloque.
Que nous disent, aujourd’hui encore, ces hommes et ces femmes qui surent prendre leur responsabilité naguère, dénonçant l’intolérance d’une Amérique blanche, malmenant l’ordre établi, inventant de nouvelles manières de vivre ? Au-delà des hommages et des commémorations, ont-ils encore des propositions à nous faire, des refus à nous opposer ? Quelle est au juste leur actualité ? Bousculent-ils notre présent – et comment ? – ou n’appartiennent-ils plus qu’au « panthéon d’une mythologie moderne qui demeure sulfureuse » (G.-G. Lemaire) ?
En ces temps incertains, bien des luttes qu’ils menèrent, dénonçant la servitude consumériste et brisant le « politiquement correct », restent à l’ordre du jour. Les poètes et les artistes de la Beat Generation incarnent une résistance dont nous évaluerons l’actualité : ouverture au monde, défense de la parole poétique contre les langages mercantiles, respect de la nature, invention de vies parallèles. Allen Ginsberg, Jack Kerouac, Gary Snyder, Michael McClure, William Burroughs, Gregory Corso, Diane Di Prima, Lew Welch, ou LeRoi Jones restent des voix majeures dont hérite notre postmodernité inquiète.
« Ce qui doit surprendre, ce n’est pas tant que la jeunesse soit révoltée, mais que les adultes soient résignés », lit-on dans un manifeste situationniste de 1966. Autour de Julien Blaine, de Christian Prigent et de Kenneth White, en compagnie de Luc Sante, d’Isaac Gewirtz et d’universitaires, nous entendrons ces voix d’hier qui secouent notre présent – voix s’exerçant au refus et à la désobéissance civile, aux chemins de traverse et à la libre pensée.
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Programme
28 septembre 2016, à 19h00 (1h30) : conférences d’ouverture
29 septembre 2016, à 11h15 (7h15)
30 septembre 2016, à 11h15 (6h45)
Axes thématiques : Avant-gardes et modernité // Avant-Gardes & Modernities, Approches historiques des modernités littéraires et artistiques, Politiques des littératures et des arts : enjeux et situations
Mots-clés : Littérature, Poésie