unité mixte de recherche 7172
Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Jean Galmot : l’allégorie à l’épreuve des tropiques

Mis à jour le 06/09/2024

Intervention : Xavier Garnier

Les romans guyanais de Jean Galmot, Quelle étrange histoire (1918) et Un mort vivait parmi nous (1922), mettent en scène des aventuriers à la fois enlisés dans une terre inhospitalière et soutenus par des idées fixes. La « Mer », la « Forêt », le « Bateau », la « Solitude », le « Vent », la « Mine », la « Cité », sont autant d’entités qui s’adressent aux personnages, et leur permettent de tenir le cap dans un univers désorientant qui les mène à la déliquescence. Nous analyserons les modalités narratives de cette alliance entre un réalisme très concret, nourri de notations sensorielles, et la constante invocation de puissances allégoriques.

Par cette façon de mettre l’allégorie au « grand large », Jean Galmot parvient à éviter l’écueil d’une vision conradienne de la forêt tropicale comme vertige de l’Occidental, dont l’écrivain nigérian Chinua Achebe a montré le substrat profondément raciste. Le Périgourdin Jean Galmot, dont tous les biographes (Blaise Cendrars le premier dans Rhum) racontent l’exceptionnelle « rencontre » avec la Guyane et les Guyanais, fait un usage original de l’allégorie, dont nous voudrions montrer les ressorts décoloniaux à la lumière des analyses de Fredric Jameson sur l’allégorie nationale dans les littératures du Tiers-Monde et d’Elizabeth DeLoughrey sur les allégories postcoloniales de l’anthropocène.

Axes thématiques : Espaces sensibles : approches poétiques, esthétiques, critiques

Programmes de recherche : IUF (2020-2025): Cartographie écopoétique des littératures africaines

Mots-clés : Roman, Études postcoloniales