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Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Hybridité des spectacles non-théâtraux au XIXe siècle

Mis à jour le 04/11/2021

Organisation : Valérie Pozner, Patrick Désile

De tout ce qu’il entendait promouvoir ou tirer vers la modernité, il semble que le XIXe siècle ait voulu faire un spectacle. De la peinture, de la sculpture, il fit des spectacles — ce furent le panorama, le diorama (cette « féerie de la peinture »), les tableaux vivants… De la technique, de l’industrie, des objets manufacturés, il fit des spectacles — ce furent des présentations d’inventions, des expériences publiques, et les Expositions universelles… Des voyages, des explorations, de la colonisation même, il fit des spectacles — panorama et diorama encore, cosmorama, néorama, navalorama, et les expositions ethnographiques… De l’histoire, de l’actualité, il fit des spectacles — panorama et diorama, toujours, reconstitutions de batailles, cabinets de figures de cire (le musée Grévin, « journal plastique »)… Des sciences, il fit des spectacles — géoramas, uranorama, démonstrations de physique, jardins d’acclimatation…

De ces croisements résultaient des spectacles inédits. Mais le goût d’associer simplement des spectacles préexistants se fit jour, aussi : des marionnettes donnèrent des spectacles de café-concert et des danseuses serpentines se produisirent au milieu des fauves… Le cinéma, surtout, suscita de telles combinaisons : il parut parmi les fantoches et les rayons X et s’accompagna bientôt d’auditions d’orchestre et d’attractions… François Bidel lança sa « ménagerie-théâtre-cinéma zoologique » et Georges Méliès tourna des bandes pour des féeries, des pantomimes…

On pourrait ainsi avancer que la formule de la prodigieuse inventivité spectaculaire du XIXe siècle fut l’hybridation. Hybride, hybridité, hybridation : ces notions, appliquées notamment à l’analyse de formes littéraires et artistiques de la modernité et de la post-modernité, ont connu une faveur récente. Mais c’est dans Notre-Dame de Paris que l’on trouve les premières attestations de l’emploi du mot hybride pour qualifier, non le produit du croisement d’espèces animales ou de variétés botaniques, mais, plus largement, « ce qui est composé de deux éléments de nature différente anormalement réunis » (Robert historique de la langue française) et le XIXe siècle en fit, dans l’ordre esthétique, un assez large usage.

L’hybridité pourrait ainsi constituer une clé d’intelligibilité pour les spectacles non-théâtraux du XIXe siècle, qui demeurent à bien des égards énigmatiques. C’est l’hypothèse que le séminaire se propose d’examiner en 2021-2022.

Les séances auront lieu un mardi par mois (aucune séance en décembre, trois séances en mai) de 16 à 18 h à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), 2, rue Vivienne (75002 Paris), salle Benjamin, en présence et en visioconférence (un lien sera adressé avant chaque séance, sur demande à : patrick.desile3@gmail.com)

Axes thématiques : Approches historiques des modernités littéraires et artistiques, Relations inter-arts et hybridations

Mots-clés : Arts du spectacle

Séances passées

31 mai 2022

Patricia Smyth, « Les spectacles immersifs du vieux Londres au XIXe siècle »

24 mai 2022

Luc Robène, « Les mises en scène de la conquête de l’air au XIXe siècle : expérimenter, montrer, démontrer »

17 mai 2022

Stéphane Tralongo, « Curiosités cannibales. Commerces de l’altérité entre l’enclos et l’écran »

19 avr. 2022

Laurent Guido, « Du music-hall au cinéma, le programme comme modèle spectaculaire »

08 mars 2022

Frédéric Tabet, « Entre science, théâtre et virtuosité. De l’hybridité générique du “spectacle magique” »

15 fév. 2022

Valentine Robert, « Le cinéma des premiers temps au confluent des arts et des médias »

25 jan. 2022

Jean-Pierre Sirois-Trahan, « « La plus grande curiosité ». Les spectacles de fantasmagorie au Canada (1818-1850) »

09 nov. 2021

Leslie Villiaume, « Les démonstrations publiques d’objets mécaniques au XIXe siècle à Paris »

19 oct. 2021

Nathaniel Greene, « Autour du Néant : Dorville et l’invention du cabaret macabre »