unité mixte de recherche 7172
Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Édouard Levé : l’inventaire de soi

Poétiques de la liste et imaginaire sériel

Auteur du chapitre : Christophe Reig

Éditeur : Nota Bene

Dans son œuvre fulgurante mais dense, partagée symétriquement entre photographie et littérature, Édouard Levé, ne s’est guère privé d’utiliser et de subvertir des formes héritées de la liste. Classifications, fragments, listings, accumulations et parataxes – entre autres – y figurent en bonne place. Davantage qu’aux quatre grands livres de photographie dans lesquels la variation et la sériation s’ingénient à distendre et troubler les rapports entre texte et image, l’analyse s’attachera à démontrer de quelle façon les quatre textes que sont Œuvres, Journal, Autoportrait et Suicide) font usage de cette rhétorique particulière. Si l’influence subversive de l’art contemporain et de ses mises en liste est particulièrement marquée dans Œuvres et si, dans une certaine mesure, Journal se présente comme une tentative de neutralisation du monde et du sujet par la récriture de rubriques, on voudrait saisir les enjeux de ces formes dans Suicide et surtout Autoportrait, deux textes à la littérarité plus affirmée, dans lesquels la parataxe et l’effet-liste rendent compte par la kyrielle, la querelle et la contradiction d’un moi émietté.

Axes thématiques : Fiction et non-fiction

Mis à jour le 01/01/2019