unité mixte de recherche 7172
Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Loca incognita : espaces marginaux et fantasmés de l’imaginaire latin

L’Espace dans l’Antiquité. Utilisation, fonction et représentation

Auteur du chapitre : Franck Collin

De notre « petite » planète, quadrillée en ses moindres recoins par des satellites scrutateurs, plus un espace ne semble aujourd’hui inconnu, et l’on se tourne vers le ciel pour en trouver chaque jour de nouveaux. Pour les géographes antiques, qui connaissent sommairement trois continents, la terre comprend encore des loca incognita, dont la découverte prend, au début de l’Empire romain, un nouvel essor fascinant. Elle passionne les savants-Strabon, Pomponius Méla, Pline l’Ancien ou Claude Ptolémée pour ne citer qu’euxet plus simplement les poètes, les historiens, ou la population qui voient là une occasion de s’enchanter de l’accroissement du nom romain sur le monde. Cette rencontre avec une réalité inconnue vient nourrir un imaginaire complexe, où se mêlent des croyances obscures, des savoirs désuets ou des préjugés civilisationnels. Les motifs de cette exploration visant à reculer les frontières du monde connu, sont économiques avant d’être épistémologiques. A Rome, la pacification des territoires « barbares » sera l’argument omniprésent de conquêtes militaires et de découvertes des zones nouvelles 1. Cette expansion est sous-tendue par une idéologie de la valorisation de l’espace à son profit : pour un Romain, une terre devient intéressante si elle peut devenir colonia, « terre

Mis à jour le 01/01/2014