unité mixte de recherche 7172
Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Le narrateur en question(s) dans les fictions d’ancien régime. Récits parlés, récits montrés

Direction de numéro : Claire Badiou-Monferran

Journal : Le Français Moderne - Revue de linguistique Française

Concernant la prose narrative française de la première modernité (16e-18e siècles), l’une des problématiques tout à la fois les plus denses et les plus fédératrices touche à l’hypothèse dite « non communicationnelle » du récit de fiction, soutenue notamment par les travaux de Käte Hamburger, puis par ceux de Shigeyuki Kuroda et d’Ann Banfield. Cette proposition, qui suppose que certains récits (ou certains fragments de récit) sont sans narrateur, suscite un certain nombre de questions d’ordre épistémologique et méthodologique. La plus urgente consiste à mettre cette analyse, élaborée à partir de fictions narratives des 19e et 20e siècles, à l’épreuve de la diachronie. L’approche non communicationnelle du récit de fiction, autrement nommée « théorie poétique du récit », ou « théorie du narrateur optionnel » (Sylvie Patron 2009), commence à intéresser les médiévistes, mais reste très largement méconnue, en revanche, des spécialistes de la première modernité. Le présent numéro interroge cette lacune. Il se demande si cette approche peut se révéler – ou non – pertinente pour les textes de la première modernité, et si oui, à quelles conditions (génériques en particulier) et jusqu’à quel point (rendement local ou global). L’un de ses enjeux principaux touche à la conception du style en régime narratif fictionnel, à une époque où les contraintes génériques et rhétoriques pèsent encore largement sur les choix d’écriture : selon que l’on valorise massivement le modèle du récit adressé, ou que l’on s’efforce d’atteindre à l’idéal d’une narration sans origine, quelle pensée du style peut-on reconnaître ? Le traitement du repérage déictique, des formes du discours rapporté, du marquage subjectif, des connecteurs et cadratifs, sont autant d’observatoires privilégiés pour cette réflexion.

Mis à jour le 01/01/2012