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Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Du théâtrophone au théâtre pour extensions mobiles : présences à distance dans les téléscènes

Pratiques performatives : body remix

Auteur du chapitre : Clarisse Bardiot

Éditeur : Presses universitaires de Rennes

De plus en plus d’artistes déclarent « faire du théâtre » pour des dispositifs de présence à distance, qu’il s’agisse du réseau ou de nos extensions électroniques mobiles (téléphones portables, PDA, iPod). On peut regrouper ces différentes pratiques sous le terme générique de téléscène. Ces « scènes à distance » peuvent être soit des lieux numériques, comme des forums ou des environnements virtuels disponibles sur Internet, soit des lieux physiques, comme des plateaux de théâtre ou des cybercafés reliés par Internet, ou par un réseau créé pour l’occasion. La scène et la salle ne sont plus des entités circonscrites, mais éclatées, démultipliées, dispersées, leur nature et leur taille variant au rythme des connexions. Au théâtre, la co-présence est caractérisée par une absence de médiation (W. Benjamin). Or l’une des caractéristiques des téléscènes est justement l’absence de co-présence dans le hic et nunc de la représentation, avec pour corollaire la médiation : les spectateurs et les acteurs se rencontrent et communiquent entre eux par le réseau, par le biais d’interfaces numériques. La médiation serait synonyme d’une perte de présence : les acteurs seraient absents aux spectateurs, et chaque spectateur serait absent aux autres spectateurs. Dispersés aux quatre coins du monde, acteurs et spectateurs sont confrontés à un « drame des distances » qui permet de repenser aujourd’hui l’organisation spatiale de la scène et de la salle, de l’espace de l’action et de l’espace de l’écoute et du regard.

Axes thématiques : Esthétique et étude des relations entre les arts (notamment arts du spectacle)

Mis à jour le 01/01/2012