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Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Nous sommes tous des réfugiés : Exil, errance et Partition dans le Nouveau Roman hindi

Etrangeté de l’autre, singularité du moi

Auteur du chapitre : Anne Castaing

Éditeur : Classiques Garnier

Quand, en 1969, le romancier et essayiste Kamleshwar délivre cette triste sentence dans son manifeste « Le rôle du Nouveau Roman », c’est pour y déterrer plus de vingt ans plus tard les racines du malaise qui caractérise toute une génération d’indiens, jusque dans son expression littéraire. La Partition de 1947, manifestée par le spectacle des files de réfugiés hébétés et démunis, abondant d’un côté et de l’autre de la frontière, stigmatise de fait l’accession du pays à l’indépendance et brise l’idéal national façonné sur plus d’un demi-siècle. Si la violence des événements est rapidement investie par une littérature dite « de la Partition », à la fois romanesque et documentaire, celle-ci dessine peu les conséquences identitaires liées aux exils, aux vastes mouvements de population, aux morcellements familiaux etc., qui investissent les années 1950 et 1960. Néanmoins, la pertinence de l’ « historicité » du Nouveau Roman hindi (nayî kahânî) se situe non pas dans la représentation du « drame », mais dans l’écriture de ses lendemains désenchantés, à cet égard comparable au Nouveau Roman français. Les figures d’exilés, d’errants, de réfugiés, marginaux étranges, étrangers et repoussants qui hantent et « empoisonnent » les œuvres de ce Nouveau Roman, notamment chez Mohan Rakesh (1925-1972), Krishna Baldev Vaid (né en 1927) et Agyeya (1911-1987), semblent rappeler une Histoire inextinguible qui saborde tout espoir de reconstruction.

Mis à jour le 01/01/2015