unité mixte de recherche 7172
Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

Rechercher sur le site

Rechercher un événement, un membre du laboratoire, un ouvrage…

L’Adversaire d’Emmanuel Carrère : transgression des limites, limites de la transgression

Auteur : Alain Romestaing

Journal : Romanica Silesiana

L’Adversaire d’Emmanuel Carrère, récit consacré à un fait divers sordide et déroutant, a pour sujet essentiel la transgression : celle de J-C Romand, qui après avoir menti pendant 18 ans à ses proches en se faisant passer pour un illustre médecin, a assassiné toute sa famille au moment d’être découvert. Mais Carrère, en identifiant Romand à  » L’Adversaire « , c’est-à-dire à Satan, présente une lecture à la fois métaphysique, morale, sociale et littéraire de cette transgression. Car la combinaison du mensonge et du meurtre ne provoque pas seulement une irruption du Mal dans des existences qui semblaient protégées : elle s’en prend au langage lui-même et à l’écriture confrontée à un homme la fois monstrueusement étranger et monstrueusement ressemblant. Alors, à y regarder de plus près, la déflagration de la transgression dans L’Adversaire est davantage à lire sous l’angle d’une conscience angoissée de la fragilité des frontières que sous celui de leur remise en cause.

Mis à jour le 30/12/2010