unité mixte de recherche 7172
Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

Rechercher sur le site

Rechercher un événement, un membre du laboratoire, un ouvrage…

Monopole de l’art, art du monopole ? L’Opéra de Paris sous l’Ancien Régime

Auteur : Solveig Serre

Journal : Entreprises et Histoire

Sous l’Ancien Régime, l’Opéra de Paris est à tout point de vue le premier des théâtres français : il joue un rôle moteur dans la vie culturelle française, met en jeu des sommes considérables, emploie un personnel très nombreux et bénéficie de l’immense ferveur de la part du public parisien. Surtout, cette académie de musique, dont la naissance remonte au privilège octroyé en 1669 par Louis XIV au poète musicien Pierre Perrin, et qui devient royale trois années plus tard, lorsque le compositeur courtisan Jean-Baptiste Lully en prend la direction, a pour particularité de bénéficier de l’exclusivité, sur l’ensemble du territoire national, des spectacles de musique et de danse en français ou en antre langue. On aurait pu penser que cette situation de monopole dont l’Opéra pouvait se prévaloir aurait constitué une entrave très forte au développement d’une vie théâtrale. Or il n’en est rien : rendu inapplicable par sa trop grande sévérité, le monopole de l’Opéra va être allègrement transgressé par les autres théâtres et la concurrence va jouer à plein tout au long de la période moderne. Les conséquences de la cette lutte entre les différents établissements dramatiques aura des répercussions importantes, à la fois artistiques – l’Opéra démontre avec éclat qu’il lui est désormais possible de soutenir l’alternance des genres sans en perdre pour autant sa légendaire dignité – et administratives. Le système finit par ne plus être tenable et connaît un début de démantèlement à la fin de la période, avant que la Révolution ne vienne lui porter un coup fatal.

Mis à jour le 01/01/2008