Auteur du chapitre : Catherine Douzou
En créant Seuls, le 4 mars 2008, à l’Espace Malraux 1 de Chambéry, puis en reprenant le spectacle au Festival d’Avignon de la même année, Wajdi Mouawad, comédien, dramaturge et metteur en scène, affirme un fort désir de rupture avec ses pièces précédentes : notamment celles qui sont immédiatement antérieures à Seuls, c’est-à-dire Littoral, Incendies, Forêts. Celles-ci, appelées à constituer un ensemble tétralogique 2 , sont de véritables « pièces de théâtre ». En effet, elles sont globalement traditionnelles, soit conformes, pour l’essentiel, au modèle aristotélicien, tel que défini dans La Poétique 3 , en ce qu’elles mettent en scène une fiction grâce à des personnage, incarnés par des comédiens, pris dans une action progressant au fil de dialogues. La réalisation de Seuls coïncide avec le rejet de ce que Mouawad percevait alors dans ses pièces très littéraires, comme son « bavardage » 4 et cette oeuvre signe ses retrouvailles « amoureuses » avec « l’acte de jouer, avec le théâtre » : […] c’est comme des parents qui, exténués par leurs enfants, vont prendre des vacances « seuls » pour retrouver un état amoureux avec la vie. Je crois qu’au-delà de bien des choses, liées à la langue maternelle et à l’histoire de ce personnage, j’avais envie et besoin de retrouver un état amoureux avec l’acte de jouer, avec le théâtre 5 .
Mis à jour le 01/01/2017