unité mixte de recherche 7172
Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Au miroir des anecdotes dramatiques : histoire(s) de l’Académie royale de musique à l’époque des Lumières

Auteur : Solveig Serre

Tout comme l’opéra qui est un art total, l’histoire de l’Opéra de Paris mérite d’être saisie dans sa globalité, c’est-à-dire à la fois de manière institutionnelle et culturelle. Institutionnelle, parce que l’Académie royale de musique est avant tout une entreprise de spectacles au sein de laquelle les différents modes de gestion expérimentés tout au long de la période moderne ont des répercussions importantes sur la politique artistique de l’établissement. Culturel, dans la mesure où les œuvres mises à l’affiche de l’Opéra sont étroitement dépendantes de la société qui les voit naître, et en particulier d’un public. On ne saurait en effet occulter la dimension commerciale de cette immense maison qui fait commerce de son art et qui se voit contrainte de répondre aux goûts du public parisien dont dépend son bon équilibre financier et donc sa survie, alors même qu’art et argent ne font pas forcément bon ménage. Or, aussi riches et diversifiés que soient les documents d’archives, ils ne retracent qu’imparfaitement ces deux histoires, et il est nécessaire pour l’historien de s’appuyer sur les témoignages des contemporains, au sein desquels les anecdotes dramatiques occupent une place de choix.

Mis à jour le 01/01/2008