Organisation : Alain Romestaing
SALLE BOURJAC (mercredi 3 juin et jeudi 4 juin)
17 rue de la Sorbonne
75005 Paris
SALLE LAS VERGNAS (vendredi 5 juin)
13 rue Santeuil
75005 Paris
Colloque organisé à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 par l’équipe de recherche « Écritures de la modernité » – CNRS/Paris 3, avec le soutien du conseil scientifique de l’Université Paris 3, du conseil scientifique de l’Université Paris Descartes et de l’IUT Paris Descartes
Comité scientifique : Jacques Chabot (Université de Provence), Pierre Citron (Université Paris 3- UMR 7171), Jean-Yves Laurichesse (Université Toulouse-Le Mirail), Alain Romestaing (Université Paris Descartes-UMR 7171), Mireille Sacotte (Université Paris 3 – UMR 7171), Alain Schaffner (Université Paris 3-UMR 7171).
On peut relever dans l’oeuvre de Jean Giono un parti pris pour le corps « naturel » : cela va d’un goût marqué pour la nudité et le déshabillage (Le Chant du monde, Deux cavaliers de l’orage, Ennemonde) jusqu’à la présentation péjorative, inquiétante ou burlesque de l’usage des cosmétiques (Naissance de l’Odyssée, Jean le Bleu, Noé, Angelo), en passant par l’éloge du détachement par rapport à la tenue vestimentaire, celle-ci fût-elle au préalable choisie avec soin (Pour saluer Melville, Angelo). Giono commence par n’accorder qu’un piètre intérêt et une médiocre valeur à l’habillage (habillement et apprêt) de ses personnages, des paysans, des artisans, des pauvres souvent. Les corps dans leur sensualité, leur intensité, leur vérité, comptent davantage que les vêtements, parures, parfums et autres maquillages qui relèvent au mieux du détail symbolique ou social, au pire de la dénégation, de la tromperie, voire de la perversion.
Mais les oeuvres de transition et surtout Pour saluer Melville paraissent inverser la tendance. Herman s’entiche d’un certain caban qui lui fait retrouver sa peau de marin, puis de la toilette d’Adelina White, de ses gants en peau de Suède à sa jupe à crinoline, laquelle, bien ajustée, a quand même le mérite de faire sentir « dessous toute l’existence de la chair ». Bien d’autres considérations sur les jupes suivront dans l’oeuvre et on ne cessera, dans le cycle du Hussard aussi bien que dans les Chroniques romanesques, de parler amoureusement de bottes, redingotes, uniformes et autres moyens de paraître au mieux ou d’être mieux, c’est-à-dire « en accord », les vestes de peaux de moutons fabriquées avec amour par Pauline dans Angelo renouant à leur manière et dans une certaine mesure avec celle de Zulma dans Que ma joie demeure. Pourtant « les magnifiques redingotes de poult » hantées par la vieille Pauline servent moins à ces noces du corps et du costume qu’à une opération de substitution à laquelle jouent aussi, chacun à sa façon, Tringlot, Julie ou encore Mademoiselle dans la deuxième version de Dragoon…
Après une journée d’étude consacrée en avril 2008 aux usages et significations des cosmétiques dans l’oeuvre de Jean Giono, le présent colloque propose donc d’approfondir la réflexion sur les jeux du naturel et de l’artifice autour du corps gionien.
Responsables : Alain Romestaing et Mireille Sacotte
Contacts : [alainromestaing@free.fr->mailto:alainromestaing@free.fr]
[dominique.simon@univ-paris3.fr->mailto:dominique.simon@univ-paris3.fr]
MERCREDI 3 JUIN
9h-12h15 -Ouverture du colloque
1. QUESTION DE TENUES : DES/HABILLAGES ET POSTURES EXISTENTIELLES
Président de séance : Denis Labouret
14h15-17h15
Président de séance : Jean-Yves Laurichesse
JEUDI 4 JUIN
9h-12h15
Président de séance : Alain Schaffner
2.QUESTION D’APPARENCES : PARURES ET DEGUISEMENTS
14h15-16h30
Président de séance : Marie-Anne Arnaud-Toulouse
VENDREDI 5 JUIN
9h-12h15
3. QUESTION DE TISSUS : TEXTES ET HABILLAGES
Président de séance : Mireille Sacotte
Axes thématiques : Fiction et non-fiction // Fiction & non-Fiction, Approches historiques des modernités littéraires et artistiques