Intervention : Aude Leblond
Il s’agit de montrer comment Jules Romains tente de contourner le personnage-individu, qui semble un modèle largement remis en cause par les grandes avancées philosophiques et intellectuelles du tournant du siècle – en particulier la psychanalyse à laquelle Romains consacre un article dès 1922 dans la NRF, et la sociologie émergeant dans le sillage de Durkheim, qu’il appellera le « Descartes de l’unanimisme » (Préface de 1925 à La Vie unanime). Pour parvenir à décrire un sujet qui n’est plus un individu isolé, Romains développe l’idée d’unanimisme dans plusieurs recueils poétiques à partir de 1908. Transposer cette représentation au roman ne relève cependant pas de l’évidence, tant ce genre semble fait pour rendre compte de l’introspection – et ceci est particulièrement vrai dans les années 1920, avec l’importance croissante prise par le monologue intérieur . Cette tentative constitue cependant un fil rouge de l’œuvre romanesque de Romains. On retiendra ici les exemples de Mort de quelqu’un (1911) et de Lucienne (1922).
Axes thématiques : Approches historiques des modernités littéraires et artistiques
Mots-clés : Littérature Française et Francophone