Intervention : Khalil Khalsi
Nombre de productions contemporaines en littérature et sciences humaines et sociales réinvestissent le motif du rêve en tant que manière de vivre à l’ère dite de l’Anthropocène. L’intérêt renouvelé envers l’animisme pense la multilatéralité des imaginaires et des épistémologies dans le cadre d’une crise environnementale planétaire, qui placerait l’Occident dans une communauté de destin avec les populations dites non modernes. Ceci amènerait alors l’Europe, sinon à provincialiser son savoir, du moins à le réinventer. Le rêve apparaît alors, par emprunt aux cosmologies alternatives, comme une modalité de « reliaison » dont l’écriture offre le laboratoire.
En s’appuyant sur le concept d’« équivocation », que des anthropologues comme Eduardo Viveiros de Castro opposent au principe d’équivalence, K.Khalsi se penche sur les enjeux de traduction culturelle, notamment lorsque de tels projets débouchent sur des œuvres littéraires poreuses à l’ethnologie ou à la philosophie, et vice-versa. Si le fait de réactiver le rêve en tant que réservoir d’émerveillement résorbe vaguement le partage considéré comme cartésien entre rêve et veille, nature et culture, il pose de surcroît, comme condition implicite, la réification des altérités – tant humaines que non humaines.
Axes thématiques : Dynamiques interculturelles, Sciences, littératures et arts, Disciplines et frontières disciplinaires : méthodes, pratiques, outils
Mots-clés : Littérature, Arts et lettres, Philosophie, Anthropologie