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Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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La question de violence – séminaire 2019-2020

Mis à jour le 11/02/2020

Organisation : Alice Laumier , Tancrède Rivière

À partir de l’idée paradoxale d’un « oubli » ou d’une « absence » de la violence aujourd’hui – paradoxale puisque domine plutôt une impression d’omniprésence des violences, et qu’une intense activité mémorielle lutte contre l’effacement de celles de l’histoire – ce séminaire souhaite problématiser la question de la violence en explorant ses ambiguïtés, en questionnant ses modes d’implication dans notre expérience psychologique, sociale, politique, etc., ainsi que sa relation avec l’événement au sens large.

Tâchant d’extraire la question d’une axiologie binaire, qui rejetterait a priori la violence vers l’ « autre » pour la condamner, nous essaierons plutôt de l’interroger dans une forme de centralité problématique.

Que voudrait dire alors cet « oubli » ? Comment est-il pris en compte par diverses critiques de la violence ?

Dans quelle mesure, par exemple, la valorisation des contraires de la violence, dans ses liens possibles à un certain « pouvoir de définir » (Gerstenberger) ce qui est violent, pourrait-elle empêcher de la penser, d’en saisir les enjeux, parfois même de la voir (Butler) ? S’il est vrai qu’« il n’y a pas de non-violence » (Balibar), quels peuvent être les enjeux d’un effacement de la violence du champ de la perception ? D’une disparition du « sens de la violence » (Benjamin) ? D’un « adoucissement des peines » (Foucault) ? d’une certaine « atrophie » du muscle (Dorlin) ?

L’« oubli » pourrait alors être compris à travers d’autres termes qui n’en sont pas des synonymes, mais plutôt les signes ou les manifestations : sommeil, dormance, déni, refus, refoulement, invisibilisation, réparation, ordre… Parallèlement, on pourra tenter de définir quelle « présence » ou quelle « mémoire » la violence possède ou produit, aussi bien que les rapports complexes de la démocratie à la « violence vive » ou à l’« hyperviolence » (Brossat).

Dans cette perspective, nous chercherons à privilégier des auteurs et des textes qui ne situent pas la violence dans une pure extériorité, mais envisagent ses ambiguïtés, voire occupent eux-mêmes une position ambivalente lorsqu’ils abordent cette question, la rendant d’autant plus inévitable.

Axes thématiques : Politiques des littératures et des arts : enjeux et situations

Mots-clés : Littérature, Cinéma, Philosophie, Anthropologie

Séances passées

14 mai 2020

Séance 8 – La violence et la Terre : violence, écologie et catastrophe

03 avr. 2020

Séance 7 – Violence et économie

12 mars 2020

SÉANCE ANNULÉE : Séance 6 – Mémoire et oubli des violences historiques

13 fév. 2020

Séance 5 – Violence et sommeil : une exploration

16 jan. 2020

Séance 4 – Nicole Caligaris : anthropologies de la violence

12 déc. 2019

Séance 3 – Lutter, se défendre : la non-violence en question

14 nov. 2019

Séance 2 – Violence et espace(s)

10 oct. 2019

Séance 1 – Violence et oubli en démocratie

19 sept. 2019

Séance 0 – “Hunger” de Steve McQueen