Organisation : Xavier Garnier , collectif Zonezadir
À l’heure où de nombreux chercheurs analysent ce que peut la littérature en matière d’écologie, il nous semble important d’interroger ce que l’écologie fait à la littérature. Il apparaît en effet décevant, voire contradictoire, de faire de l’écologie un simple motif pour les études littéraires sans prendre acte de ce que la crise écologique bouleverse dans notre rapport aux textes. Nous pensons que l’écocritique ou l’écopoétique ne peuvent se contenter de légitimer de nouveaux corpus, classables comme « littérature environnementale » dans un champ littéraire aux règles inchangées, mais qu’elles ouvrent la perspective d’une autre pratique de la littérature. La notion d’ « écosystème littéraire », que nous voulons interroger dans ce séminaire, ne sera donc pas simplement prise dans un sens métaphorique ; il s’agira de dégager son potentiel configurant pour l’activité littéraire, en parallèle à d’autres syntagmes opératoires comme le « champ littéraire » de la sociologie de la littérature ou le « système littéraire » de l’analyse institutionnelle.
L’hypothèse minimale que nous proposons à l’orée de ce travail collectif est que si la littérature est dépendante des contextes socio-culturels, elle fait également système avec des milieux de vie. Dans l’article de 1978 où il invente le terme d’écocritique, William Rueckert met directement en relation la littérature et la biosphère en « appliquant les concepts écologiques à la lecture, à l’enseignement et à la lecture littéraires » (Rueckert, 1978 : 73 ). L’enjeu de la notion d’écosystème littéraire est de porter l’attention critique sur mille liens qui associent les textes à des milieux, comme autant de lignes, de rythmes, de trajectoires qui font sens dans notre expérience du monde. C’est la vitalité de la littérature qu’il s’agira de pister à l’heure où un doute s’installe sur notre capacité à défendre nos écosystèmes.
Axes thématiques : Espaces sensibles : approches poétiques, esthétiques, critiques, Politiques des littératures et des arts : enjeux et situations
Programmes de recherche : IUF (2020-2025): Cartographie écopoétique des littératures africaines
Mots-clés : Littérature, Littératures et terrains, Études postcoloniales
Séances passées
Aurélia Mouzet, « Imaginaires de la forêt sacrée et esthétique de l’interconnexion »
Xavier Garnier, « Autour de la Tidedalectics de Kamau Brathwaite.
Colette Camelin, lecture de Faulkner from Within de William Rueckert
Camille Lavoix: « La savane disparait, mais qu’est-ce que la savane? »
Lucile Combreau: “Ouvrir la voix” s’ouvrir aux (mi)lieux: éc(h)osystèmes cinématographiques et politiques dans les jardins créoles – 09/12/2022
Claire Dutrait, « Ce qu’implique le récit des relations entre des écorces et du plomb aux marges de Dakar : écosystème d’une démarche écopoétique dans un projet arts-sciences-société en cours »
Serigne Seye: Le rap écologique du Dakar « profond »: de la métaphore à l’action écologique
Maëline Le Lay, Peut-on parler d’écosystème littéraire dans l’Afrique des Grands Lacs?
Alice Chaudemanche ; « ‘arbre, la plume et le boisselier: quel écosystème littéraire pour la littérature écrite en wolof? »
Xavier Garnier, « Littérature et bassins versants. Autour de Gary Snyder »
Mathilde Roussigné: « Pour une écologie des corpus »
Lecture collective d’un article de William Rueckert
Mis à jour le 27/09/2021