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Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Erich von Stroheim, du ghetto au gotha

Auteur : Fanny Lignon

Éditeur : L'Harmattan

Acteur fascinant et metteur en scène hors du commun, Erich von Stroheim a conçu la légende de son existence. Mystificateur de génie, il a tout mis en œuvre pour qu’elle se substitue à la réalité. Le subterfuge a si bien réussi que la vérité n’a été découverte que dix ans après sa mort, et n’a pas encore complètement détrôné la fiction. Celui qui aux yeux de tous symbolisait le noble Prussien, l’officier de carrière de l’armée impériale, n’avait fait que six mois de service militaire dans le train des équipages. Sa mère et son père, un simple chapelier, étaient juifs et pratiquaient leur religion. C’est lorsqu’il émigra aux États-Unis et devint cinéaste qu’Erich Stroheim commença à composer sa personnalité mythique. Il n’a jamais cessé de la perfectionner jour après jour et film après film. De La loi des montagnes à La Veuve joyeuse en passant par Folies de femmes, Les Rapaces et La Reine Kelly, autant de chefs-d’œuvre du cinéma muet qui ont soulevé l’enthousiasme des spectateurs et fait l’objet de critiques passionnées. Grâce à La Grande illusion l’image d’Erich von Stroheim passe à la postérité. Mais le cinéaste est désormais condamné à n’être plus qu’un acteur. Boulevard du Crépuscule portera le metteur en scène au Panthéon, mais celui-ci sait bien que les vivants n’ont pas droit à cet honneur suprême.

Axes thématiques : Politiques des arts et des littératures

Mots-clés : Cinéma, Études cinématographiques

Mis à jour le 06/04/2026