Intervention : Xavier Garnier
Parce qu’il relève du vocabulaire de la géométrie, le terme d’intersectionnalité pourrait sembler mal adapté pour rendre compte des expériences concrètes et quotidiennes auxquels il veut renvoyer. Je voudrais m’intéresser aux poétiques susceptibles de donner une épaisseur corporelle à cette notion. En partant de ce point d’évanescence qu’est une intersection, la pratique littéraire, à condition qu’elle parvienne à capter l’intensité d’une expérience vécue, est susceptible de faire naître des puissances figurales à haute portée politique. Je m’appuierai sur un corpus africain (Sony Labou Tansi, Kossi Efoui, Nadia Yala Kisukidi) et caribéen (Suzanne Césaire, Marie Vieux-Chauvet) pour rendre compte de l’invention d’un tel « personnage intersectionnel », dont la simple présence bouscule l’ordonnancement de l’univers fictionnel. À la fois invisible et terriblement présent, le personnage intersectionnel est un être camouflé, qui résiste à la mise en image de son corps pour mobiliser les puissances du lieu.
Thematic axes : Espaces sensibles : approches poétiques, esthétiques, critiques, Politiques des littératures et des arts : enjeux et situations
Research programmes : Projet France Arizona Institute for Global Grand Challenge (2021-2024): Environmental justice. Extraction and cultural resistance in Africa
Keywords : Novel, Postcolonial studies, French & Francophone Literature