Organisation :
Fanny Lignon, Thibaut Casagrande
Le GLAM (Genre, Littérature, Arts, Médias) a vocation à accueillir des travaux proposant une approche genrée des médias, des arts et des littératures. Il convie à chaque séance de jeunes chercheurs ou des chercheurs confirmés, affiliés à THALIM ou extérieurs, à présenter le fruit de leurs recherches, qu’elles soient en cours ou achevées. Le format du séminaire (6 séances annuelles de 2h) se veut libre afin d’encourager discussions et débats avec un public composé de collègues, d’étudiants de master et de doctorants. La méthodologie des études de genre se conjugue avec des approches résolument variées, notamment littéraires, esthétiques, anthropologiques, historiques.
Thematic axes :
Politiques des littératures et des arts : enjeux et situations
Keywords :
Literature, Poetry, Cinema, Gender studies, Photography, Video games, Arts & Literatures, Performing Arts, Visual Arts, Opera, Sound Studies, Drama, TV Series, Sciences de l'information et de la communication, Music Studies, Dance Studies, Travel Narratives, Book Arts
Past sessions
22 avril 2024
from 14:00 to 16:00
— 22 avril 2024
Université Sorbonne Nouvelle - Site Nation - Salle :
8 avenue de Saint-Mandé, 75012 Paris
26 mars 2024
from 13:00 to 15:00
— 26 mars 2024
Université Sorbonne Nouvelle - Site Nation - Salle : B312
8 avenue de Saint-Mandé, 75012 Paris
L’idée d’un pouvoir agissant des discours est une idée fréquemment rencontrée dans les espaces, mouvements et théories féministes et LGBTIQ+ (que ce soit pour commenter ou décrire
les performances, l’usage de slogans, etc. mais aussi les discours de presse, les discours de haine, etc.). Un des outils mobilisés pour ce faire est celui de performativité, qui a eu un succès considérable depuis que Butler s’en est emparée pour penser le genre dans Gender Trouble en 1990. Pourtant, du point de vue sociolinguistique qui est le mien, il n’est pas si facile de démontrer l’effectivité de ces discours du genre, et de se doter d’outils d’analyse qui permettraient de qualifier et d’en mesurer l’efficace — c’est-à-dire, précisent leur performativité.
Cette communication visera tout d’abord à montrer les difficultés d’analyse du langage agissant et du langage qui fait le genre du point de vue d’une anthropologie des discours. Je me pencherai ensuite sur le concept de périperformativité, proposé rapidement par Eve Kosofsky Sedgwick dans les années 2000 dans Touching Feeling. Mon ambition serait de réfléchir à une application potentiellement plus large que celle que Sedgwick propose dans ses analyses et mobilisable au-delà du corpus littéraire.
26 janvier 2024
from 14:00 to 16:00
— 26 janvier 2024
Université Sorbonne Nouvelle - Site Nation - Salle :
8 avenue de Saint-Mandé, 75012 Paris Salle B312
Les études des masculinités et les études de jeux vidéo ont, conjointement, participé ces dernières années à produire différentes analyses sur les rapports de genre qui traversent la relation entre technologie et masculinités. Ces deux champs d’études ont ainsi porté leur intérêt sur les communautés de joueur.euse.s, les communautés en ligne, mais aussi les représentations de genre au sein des productions vidéoludiques. De ces travaux ressortent le constat que la culture geek est traversée par une hostilité envers le féminisme et toute idée qui pourrait menacer l’équilibre masculin de ce domaine. En résulte une taxonomie riche : masculinité militarisée, masculinité geek, technomasculinité, incel, masculinité toxique… Ces termes sont autant d’outils permettant d’articuler la complexité des reconfigurations des rapports de genre qui se jouent à l’ère du numérique. Malgré tout, cela témoigne également de l’ambivalence du « geek », à la fois ringard rejeté par la société et maître en son royaume technologique.
À l’aide d’une approche féministe matérialiste, je propose de définir la figure du geek et d’interroger la relation étroite entre culture geek, masculinité et technologie. Pour cela, il sera question d’un retour critique du cadre théorique de la masculinité hégémonique. Dans un second temps, j’analyserai les discours au sujet du geek qui participent à renforcer son ambivalence vis-à-vis de son rôle dans les rapports sociaux de genre.
8 décembre 2023
from 14:00 to 16:00
— 8 décembre 2023
Université Sorbonne Nouvelle - Site Nation - Salle : B312
8 avenue de Saint-Mandé, 75012 Paris
Le travail du sexe dans le jeu vidéo n’est pas confiné à des jeux pour publics avertis : il trouve sa place dans des jeux grand public, comme Detroit: Become Human, GTA ou Duke Nukem. La façon de représenter les TdS (travailleur.euse.s du sexe) dans ces jeux est révélatrice de leur place dans la société : figures éminemment interlopes, ce sont aussi des victimes toutes trouvées pour les joueurs, qui peuvent parfois en abuser comme bon leur semble. Les représentations dans les jeux grand public seront comparées à ce que l’on trouve dans les jeux où l’on incarne des TdS, qui peuvent être humoristiques, grivois (comme les jeux purement pornographiques). Ensuite, je montrerai les caractéristiques particulières des jeux réalisés soit par des TdS, soit en collaboration avec des TdS. Le travail du sexe est-il toujours pornographique ? Quelles obscénités sont-elles montrées dans ces jeux fortement colorés par les rapports de genre et les perceptions extérieures du « plus vieux métier du monde » ?
24 novembre 2023
from 14:00 to 16:00
— 24 novembre 2023
Université Sorbonne Nouvelle - Site Nation - Salle : A602
8 avenue de Saint-Mandé, 75012 Paris
ATTENTION : la salle A602 est un peu difficile à trouver. Pour y accéder :
1) monter par le bâtiment B jusqu'au 5e étage,
2) prendre la passerelle vers le bâtiment A (suivre département LLFL et BET),
3) monter au 6e étage par les escaliers se trouvant en face au bureau A516.
Dans cette rencontre, Mattia Scarpulla parlera de la pratique de la création littéraire à travers un questionnement sur les catégories identitaires, sexuelles et politiques. Dans un premier temps, il lira et commentera quelques extraits de son roman Bar Italia 90 (2023), et de son recueil de narrations poétiques Au nord de ma mémoire (2021). Ensuite, il présentera une méthodologie pédagogique interdisciplinaire centrée sur le prisme de la matérialité corporelle, qu’il a développée entre études en danse, études littéraires et sciences sociales. Il invitera enfin à des exercices de conscientisation corporelle et d’écriture sur des manières de cerner ou d’éviter les dimensions identitaires dans la construction de personnages narratifs.
6 octobre 2023
from 14:00 to 16:00
— 6 octobre 2023
Université Sorbonne Nouvelle - Site Nation - Salle : B312
8 avenue de Saint-Mandé, 75012 Paris
Ces dernières décennies, les études de genre touchent progressivement les études bibliques. Si les perspectives féministes sont maintenant bien diffusées outre-Atlantique aussi bien dans les communautés anglophones que francophones, le Québec étant ici particulièrement en pointe, l’adoption de perspectives queer est plus récente et réexamine le corpus biblique à nouveaux frais, aussi bien en ce qui concerne le contenu de la Bible que les méthodes d’exégèse et de traduction, et rencontrant d’autres types de résistance de la part des institutions religieuses.
Après un rapide récapitulatif des entreprises féministes (Women’s Bible, « Dieue »), je me propose d’aborder les points suivants, qui articuleront des perspectives théologiques, linguistiques et d’études de genre
– les destinataires de la Bible ont iels un sexe ? À qui s’adresse la Bible : à des communautés nomades de l’Orient Ancien ? À tous les hommes de tout temps ? Les femmes sont elles des hommes comme les autres ? En 2022, comment traduire la Bible pour toutes et tous ?
– la Bible est-elle homophobe ? Il s’agira ici de resituer les passages du Lévitique et de l’épitre aux Corinthiens souvent évoqués pour réprimer l’homosexualité dans les Églises dans le double contexte de leur rédaction et de leur réception, pour montrer que si la réception a donné une incidence toute particulière à quelques versets (qui, somme toute, ne sont pas plus volumineux que l’interdiction de faire de faux témoignages ou celle de mélanger les fibres dans les tissus), il importe également aux exégètes féministes et queer de se demander jusqu’à quel point il faut racheter ou excuser le corpus biblique, et de prendre à bras le corps la question de l’usage que nous faisons de ces passages bibliques.