Organisation :
Ada Ackerman , Antonio Somaini (professeur d’études cinématographiques, LIRA/ Paris 3)
Depuis quelques années, les artistes font part d’un intérêt croissant et renouvelé pour la pensée de Marx, qu’ils cherchent à revisiter et à traduire en termes plastiques. Le Capital de Marx s’est ainsi retrouvé récemment au cœur de différentes expérimentations cinématographiques, théâtrales et graphiques, dans un contexte où l’actualité politique et économique a fortement favorisé un regain d’intérêt pour les thèses de Marx, dans la perspective de réfléchir à travers elles sur les crises du monde contemporain. Dernier témoignage de cette tendance, la Biennale de Venise 2015 organisée par Okwui Enwezor, qui a mis la question du “capital” – avec ses dynamiques, ses spectres, ses effets sur l’imaginaire artistique – au centre d’une de ses sections. Notre cycle entend s’interroger sur ce phénomène, en explorant différentes œuvres issues de cette tendance, à partir d’un exemple emblématique qui remonte aux années 1927-28 : le projet de Serguei M. Eisenstein de réaliser un film sur le Capital. Il s’agira aussi bien d’examiner les stratégies et les partis pris des artistes proposant des lectures et des appropriations plastiques du Capital de Marx que d’insister sur la composante esthétique de ce dernier. De même, on s’attardera sur la manière dont Marx est mobilisé aujourd’hui pour repenser la théorie des médias – en particulier pour ce qui concerne la relation entre technologie et expérience sensible.
Après une séance introductive et une séance dédiée à Eisenstein, le cycle proposera au public de découvrir des œuvres de Duncan Campbell, Sylvain Creuzevault, Harun Farocki, Isaac Julien, Alexander Kluge, Hito Steyerl… Chaque séance sera constituée d’une projection, d’exposés et de discussions en présence d’artistes, de spécialistes de l’histoire et de la théorie du cinéma, des arts du spectacle ainsi que de la théorie des médias.
Séminaire de 5 séances de janvier à juin 2016.
Alternativement : Le Bal (6 impasse de la Défense, 75018 Paris) et l’ENS (salle Dussane).
Informations et contact : [ada.ackerman@cnrs.fr->mailto:ada.ackerman@cnrs.fr], [antonio.somaini@univ-paris3.fr->mailto:antonio.somaini@univ-paris3.fr]
Thematic axes :
Esthétique et étude des relations entre les arts (notamment arts du spectacle) // Aesthetics & Relationships between the Arts (including the performing arts), Relations inter-arts et hybridations, Politiques des littératures et des arts : enjeux et situations
Keywords :
Cinema, Arts & Literatures, Visual Arts
Past sessions
19 mai 2016
from 20:00 to 22:00
— 19 mai 2016
Dans Two Impossible Films (1995-1997), Mark Lewis revient sur deux projets mythiques de l’histoire du cinéma : celui de Samuel Goldwyn proposant à Sigmund Freud d’écrire une histoire d’amour; celui d’Eisenstein de porter à l’écran Le Capital de Marx. Insistant sur leur caractère impossible, Lewis les fait exister sous la forme délibérément frustrante et liminaire du générique de film. Par la même occasion, il propose une réflexion sur les liens entre le cinéma et les deux pans de la modernité que sont le marxisme et la psychanalyse.
La discussion sera suivie de la projection du film Wandering Marxwards de Michael Blum (1999) qui interroge l’héritage de Marx et questionne la pertinence de (re)lire Le Capital aujourd’hui.
Avec Mark Lewis, artiste vidéaste, représentant le Canada à la Biennale de Venise en 2009, exposé en 2015 au Louvre pour « Intervention au Louvre » et au BAL pour « Above and below », Barbara Le Maître, professeur en études cinématographiques à l’université Paris Ouest Nanterre-La Défense et Jennifer Verraes, maître de conférences en études cinématographiques à l’université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis.
http://www.le-bal.fr/2016/04/le-capital-un-film-impossible-mark-lewis
14 avril 2016
from 20:00 to 22:00
— 14 avril 2016
Après avoir discuté le projet non réalisé d’Eisenstein de tourner un film sur le Capital de Marx, et la manière dont ce projet a été reactivé par Alexander Kluge dans son film monumental Nouvelles de l’antiquité idéologique (2008), la quatrième séance du cycle Marx en scène poursuit la réfléxion sur les différentes tentatives de visualiser les dynamiques du capital en prenant en considération deux œuvres récentes: Unsupported Transit (2011, 14 min) de l’artiste américain Zachary Formwalt, et Kapital (2013, 31 min), de l’artiste et réalisateur britannique Isaac Julien. Les deux œuvres seront projétées et ensuite discutées avec Ada Ackerman, Antonio Somaini, et les deux invités de cette séance: Yann Beauvais (cinéaste et critique de cinéma) et Evgenia Giannouri (docteure en études cinématographiques, Paris 3).
A écouter sur http://www.le-bal.fr/2016/04/art-et-capital-isaac-julien-et-zachary-formwalt
17 mars 2016
from 20:00 to 22:00
— 17 mars 2016
Le BAL
6 Impasse de la Défense
75018 Paris
Beyond esthetical transposition develop by filmmakers, plasticians et film directors, debates will insist on the necessity to think about Le Capital and his stakes on medias and image comtemporary theory.
Main character of german culture, Alexander Kluge is a filmmaker, philosopher, media theorician. In his 570 minutes movie, he comment, with eighty years apart, the mythic project of Eisenstein. by showing little piece of films about Marx theory, reading some important extracts of L e Capital, and also conversation with philosopher as Boris Groys and peter Sloterdjik.
With Alexander Kluge, Dario Marchiori, master of conference in cinema at Université Lyon II, specialist of new german cinema, editor of L’Utopie des sentiments, Alexander Kluge. Essais et histoires de cinéma (PUL, 2014) and Bénédicte Vilgrain, founder of « Théâtre typographique » and translator of Idéologies : des nouvelles de l’Antiquité (Théâtre typographique, 2014).
A écouter sur http://www.le-bal.fr/2016/02/alexander-kluge-nouvelles-de-lantiquite-ideologique
18 février 2016
— 18 février 2016
Le BAL
6 Impasse de la Défense, 75018 Paris
À partir de matériaux et d’archives récemment découverts par Elena Vogman, cette soirée sera consacrée au projet inabouti d’Eisenstein d’adapter au cinéma Le Capital de Marx. Défi d’autant plus ardu que le cinéaste aspirait, par la même occasion, à transposer au cinéma les procédés littéraires mis en place par James Joyce dans Ulysse. Le cinéaste imaginait un film qui aurait ouvert la voie à un cinéma nouveau capable de produire une « dynamisation intellectuelle » des spectateurs.
Avec François Albera, professeur d’histoire et d’esthétique du cinéma à l’université de Lausanne, Jacques Aumont, professeur émérite d’études cinématographiques à l’université Paris III Sorbonne Nouvelle, Georges Didi-Huberman historien de l’art et philosophe, professeur à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales), Naoum Kleiman, ancien directeur du Musée du cinéma de Moscou, Elena Vogman, doctorante à la Freie Universität de Berlin, en préparation d’une thèse sur le livre Method de Sergueï Eisenstein.
A écouter ici : http://www.le-bal.fr/2016/02/entre-marx-et-joyce-eisenstein-et-le-projet-de-film-sur-le-capital
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28 janvier 2016
from 18:00 to 20:30
— 28 janvier 2016
Salle Dussane, Ecole Normale Supérieure
45 rue d'Ulm
75005 Paris
Conférence inaugurale de Jens Schröter (Universität Bonn) : Media Marx
(en anglais)
Si le projet de revisiter et traduire en termes plastiques Le Capital a pu fasciner tant de cinéastes, artistes et metteurs en scène – de Sergueï Eisenstein à Alexander Kluge, de Mark Lewis à Isaac Julien, de Jean-Baptiste Ganne à Julien Prévieux, jusqu’au récent Le Capital et son singe de Sylvain Creuzevault – c’est parce que la dimension plastique joue un rôle important dans la pensée matérialiste de Marx. La puissance de transformation d’un travail conçu comme prolongement de l’homme, les rapports entre maîtrise technique et pouvoir, le spectacle de la marchandise-fétiche, la circulation du capital, la formation de la valeur, le rôle de médiation de l’argent, l’idéologie comme camera obscura – sont tous des phénomènes qui si prêtent à être interprétés en termes visuels et esthétiques.
Professeur de théorie des médias à l’Université de Bonn, co-directeur en 2006 d’un ouvrage collectif intitulé Media Marx, Jens Schröter analysera dans son intervention l’intérêt de relire Marx dans la perspective de la théorie contemporaine des médias: une théorie qui aborde la question des determinations techniques et matérielles de toute forme culturelle.
30 juin 2015
from 20:00 to 20:00
— 30 juin 2015
Dans son livre d’artiste Le Capital illustré (1998-2003), Jean-Baptiste Ganne emploie la photographie pour évoquer différents extraits de l’ouvrage de Marx, tout en cherchant à donner corps aux principaux concepts du philosophe allemand. Dans son triptyque de dessins À la recherche du miracle économique (2006-2007), Julien Prévieux (Prix Marcel Duchamp, 2014) utilise Le Capital de Marx comme un oracle pour déterminer l’avenir économique. Appliquant aux écrits de Marx un système de décryptage utilisé par des moines au Moyen Âge, Prévieux en fait émerger des mots-clés pour cartographier différents scandales financiers et crises économiques des XXe et XXIe siècles.
Avec Emmanuelle André, professeur à l’université Paris 7, Jean-Baptiste Ganne, plasticien, enseignant de photographie à l’École nationale supérieure d’art Villa Arson à Nice, Pascal Mougin maître de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, Dork Zabunyan, professeur en études cinématographiques à l’université Paris 8.