Candidat : Marie Martin
La thèse revient sur la question de l’onirisme filmique en envisageant la présence du rêve dans le film moins sous la forme de séquences que d’un défi poétique, un processus de métamorphose indexé sur la notion freudienne de travail du rêve, opérant au niveau de l’image et du récit, en direction du spectateur. Cette ouverture du film au rêve est étudiée sur un corpus issu de l’avant-garde cinématographique en France de 1919 à 1934, site privilégié des expérimentations formelles qui, en retour, sous le prisme analytique de l’onirisme, voit ses frontières et son champ d’action légèrement déplacés (marges et résurgences). La poétique du rêve est donc une notion qui analyse le « travail du film » (Thierry Kuntzel) à l’œuvre dans plus de soixante-dix films des avant-gardes narrative, impressionniste, surréaliste et même abstraite. Le rêve et son travail (surtout de la figurabilité) apparaissent comme les ferments d’une poétique filmique de la formation/déformation de matériaux génériques, littéraires, picturaux visant à restituer la puissance d’un rêve effectivement rêvé, qu’on nomme ici l’« effet-rêve ». La poétique du rêve produit donc des fables cinématographiques impures, dans une logique de « contrariété » (Jacques Rancière) des agencements rationnels de la narration aristotélicienne. Le rêve est capturé et transmis au spectateur par les essais oniriques de l’avant-garde des années 1920 en France, où opère la relecture de l’inconscient psychique freudien comme “inconscient esthétique” par Rancière (« le pathos du savoir »), autour de modalités figurales directes ou indirectes comme la contamination, l’écran du rêve, les disjonctions maniéristes, la photogénie ou encore l’image latente.
Thematic axes : Transferts culturels dans les arts et la littérature, Dynamiques interculturelles
Updated on 21/11/2008