Auteur : Fleur Hopkins-Loféron
Journal : Épistémocritique. Revue de littérature et savoirs
Le motif de la baleine voraphile a considérablement évolué au fil du temps et dessine une réflexion sur le statut de parasite de l’être humain : autrefois avalé tout rond et cherchant à quitter le monstre, il se fait parasite dans la culture populaire moderne et entend mobiliser les ressources de ce corps-hôte pour assurer sa propre survie, aux dépends de celui qu’il occupe. On propose d’étudier quatre relations de l’homme à la baleine. La dévoration sans digestion, tout d’abord, est commune aux deux principaux mythes fondateurs de Pinocchio et de Jonas. La baleine peut, encore, être une simple péripétie que le personnage traverse avec humour. Mort, l’animal marin sert de manne et fournit au choix viande, huile ou même squelette. La science-fiction imagine à présent que la baleine est encore bien vivante quand elle est exploitée par l’espèce humaine. Sa force vitale, la surface ou l’intérieur de son corps et ses organes sont tous mis à profit par l’équipage, devenu parasitaire, puisqu’il puise dans les ressources de son hôte.
Updated on 01/05/2018