joint research unit 7172
Theory and history of the arts
and literature of modernity
19th–21st century

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«Fêter la libération : la joie comme émotion politique»

Updated on 26/08/2025

Auteur : Catherine Brun

Journal : «Contemporary French & Francophone Studies: Sites»

La littérature algérienne de langue française, qu’elle soit contemporaine de la guerre de libération ou lui soit postérieure, a volontiers campé la foi des « enfants du nouveau monde » en l’indépendance à venir – justification de tous les sacrifices et de tous les combats. Ne manquent pas non plus les récits qui ont jugé bon, a posteriori, de fustiger les dévoiements d’une indépendance décevante. Plus rares sont les romans qui se sont attachés à évoquer l’indépendance au présent de la joie qu’elle fut. C’est l’analyse de quelques-unes de ces saisies fictionnelles (Au vent mauvais de Kaouther Adimi, Ultime preuve d’amour de Michel Canesi et Jamil Rahmani, Mokhtar et le figuier d’Abdelkader Djemaï, Putain d’indépendance de Kaddour Riad) qui est entreprise ici, pour tenter de cerner ce qu’elles nous disent de l’indépendance comme fête joyeusement politique, c’est-à-dire à la fois comme rupture (arrachement explosif aux habitus coloniaux et irruption carnavalesque de l’inédit), comme scène (exhibition collective, gestes ritualisés), et comme moment paradoxal, à la fois hors du temps et dans le temps – en tension entre passé colonial, fraternisation en actes, et avenir inéluctable des lendemains de fête. Approcher l’indépendance comme un événement jubilatoire invite pour finir à se demander pourquoi de telles représentations ont été si rares et si tardives – et à considérer les implications politiques de cette rareté narrative.

Thematic axes : Politiques des arts et des littératures

Keywords : Postcolonial studies