Chapter author : Mireille Calle-Gruber
L’écriture autobiographique en situation postcoloniale est processus de déconstruction ; c’est ce que Gayatri Spivak souligne, relevant finement ce détail : la main autobiographe porte, telle une arme de combat, le seul mot qui soit en arabe ici : « qalam » – la plume, traceuse de l’alphabet maternel Dans la postcolonialité, Spivak l’a très bien saisi, l’écrivain est « autobio- grapher-in-fiction » et s’il écrit, ce n’est pas pour raconter sa propre histoire (« to tell not one’s own story ») mais pour ranimer celle de tant de femmes-fantômes, passées ou présentes. Assia Djebar fait le choix de la prosodie ; dans le débord, au bord du délire, le texte devient écholalies, invocations, chants et légendes.
Updated on 21/09/2023