Chapter author : Marie Frisson
Publisher : Questions théoriques
Il ne sera pas ici question de n’importe quel lac, mais du lac romantique et de « l’installation de la poésie en son lieu », comme l’écrit Jean-Marie Gleize au sujet de Lamartine. Il ne s’agira pas de l’héritage de n’importe quelle poésie, mais de celle qui a correspondu à un renouvellement du lyrisme au XIXe siècle. Car le lac est un topos de la tradition romantique, où se joue la dualité du réel et de son reflet, selon les deux notions-clés de l’histoire de la représentation. Or, ce topos du lac, cette matrice sémantique et symbolique de la tradition poétique, qu’en faire, si l’on veut, comme Gleize, s’affranchir du mirage miroitant des images et des « leçons de lyrisme » données par l’eau, selon la très belle formule de Bachelard ? Et ce lac, « fragment de réel contre toute image », qu’en dire sans mensonge si la poésie peut se concevoir comme un mensonge, comme il est écrit dans l’ouvrage intitulé « Léman » ? Comment dès lors, et c’est pour le moins paradoxal, « participer à l’explicitation du mouvement sans retour d’une poésie en devenir conscient » comme l’écrit encore Gleize, par la remontée à la source, aux topoï d’une rêverie lacustre propre à la première moitié du XIXe siècle ?
Thematic axes : Contemporanéités, avant-gardes, modernités
Updated on 02/04/2026