Auteur : Xavier Garnier
Journal : Etudes Littéraires Africaines
On a souvent reproché à la version senghorienne de la Négritude d’avoir pris acte de la défaite culturelle vis-à-vis de l’Europe et d’avoir élaboré une poétique réactive, voire pittoresque, qui ménage le regard des Blancs. Cet article présente au contraire le lyrisme senghorien comme une manière offensive de se camoufler dans les lieux, qui tire paradoxalement sa puissance d’une conscience exacerbée de leur vulnérabilité. La poésie de Senghor ne nous propose pas une image de l’Afrique, mais a recours au Royaume d’enfance pour nous permettre à tous, sans distinctions raciales, d’éprouver le regard sans visage de Gaïa.
Updated on 01/12/2023