Auteur : Khalil Khalsi
Direction d'ouvrage : Emmanuel Bouju et Frédérique Leichter-Flack
Journal : abula / Les colloques, Fiducia (I). Crédibilité, confiance, crédit dans les récits de soi
Cet article souhaite mettre en évidence la « violence épistémique » (Spivak, [1988] 2009) du lieu commun de l’Odyssée que nombre de commentaires médiatiques, critiques et théoriques utilisent pour qualifier les trajectoires migrantes contemporaines. En introduction, le texte esquisse la filiation du topos de l’odyssée tel qu’associé à l’exil, puis à la crise dite migratoire contemporaine, pour voir en quoi le fait de qualifier Ulysse de « réfugié » est le signe de rapports de pouvoir implicites. Ensuite, l’analyse d’un corpus de discours variés éclairera, entre mythe et Histoire, l’imaginaire de l’origine en tant que modalité d’inscription d’un soi collectif dans le monde et d’autorisation du discours sur les altérités subalternes. Puis, l’on verra en quoi l’ethnicisation de la figure d’Ulysse instaure un « commun » exclusif et potentiellement raciste ; et enfin, on s’intéressera aux mécanismes de traduction et d’effacement inhérents à la métaphore de la littérature comme espace d’accueil.
Thematic axes : Dynamiques interculturelles, Politiques des littératures et des arts : enjeux et situations
Keywords : Arts & Literatures, Postcolonial studies