Intervention : Marie-Paule Berranger
Blaise Cendrars s’est construit une image de » bourlingueur du monde entier « , et a parfois fait les frais decette construction -n ‘est-il pas considéré de haut dans le Traité du style d’Aragon et dans les Entretiens de Breton, au même titre que Soupault, en tant que » poète voyageur » ? En analysant les stratégies centrifuges de Cendrars, on interrogera le lien entre modernité et altérité. Le » démon de l’inconnu « , l’impermanence constitutive, le besoin de rupture, la hantise de l’autre inscrit en soi ont été à la fois moteur d’aventures et principes poétiques d’une oeuvre sans » commune mesure » qui se décale sans cesse de la poésie au roman, du roman aux » histoires vraies » et à l’auto-fiction. Transgression des genres et brouillage des identités ont partie liée dans une écriture souvent en avance d’une avant-garde sur son temps.
Mis à jour le 23/05/2009