Organisation :
Fanny Lignon, Thibaut Casagrande
De plus en plus de travaux conduits au sein de THALIM s’inscrivent, de près ou de loin, dans une approche genrée des arts et des littératures. Cependant, force est de constater leur éclatement au sein de l’unité, ce qui a pour conséquence de nuire à leur visibilité tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des équipes qui composent notre laboratoire.
L’atelier transversal GLAM se propose de pallier ce problème, d’ordre tout à la fois scientifique et structurel. Il se donne trois missions : regrouper des travaux actuellement épars ; permettre l’émergence et la réalisation de projets innovants, collectifs comme individuels ; valoriser ces recherches à l’intérieur de l’unité et intensifier leur rayonnement dans le champ académique.
Le GLAM a vocation à accueillir, de façon ponctuelle ou sur un plus long terme, l’ensemble des travaux menés dans le triple champ de la littérature, des arts et des médias par les chercheurs et enseignants-chercheurs de THALIM, quelle que soit l’approche « genre » dans laquelle ils s’inscrivent. Il permet le financement partiel des événements et publications afférentes.
Les travaux en cours sont présentés dans le cadre d’un séminaire bimestriel qui permet notamment de confronter avec profit et de façon pédagogique la pluralité des approches genre, dans des perspectives esthétiques, anthropologiques ou historiques.
Axes thématiques :
Transculturalités // Transculturalities, Politiques des littératures et des arts : enjeux et situations
Mots-clés :
Littérature, Études de genre, Arts du spectacle, Sciences de l'information et de la communication
Séances passées
12 avril 2019
de 13:00 à 15:00
— 12 avril 2019
Université Paris 3 - Centre Censier - Salle 445
13 rue de Santeuil, 75005 Paris
C. Chaudet partira de l’essai issu de sa thèse de littérature comparée, Écritures de l’engagement par temps de mondialisation (Classiques Garnier, 2016) pour initier un dialogue collectif autour des modalités d’un engagement littéraire féministe renouvelé au tournant du XXIe siècle, dans un contexte international. A ce titre, la séance sera plus particulièrement consacrée à la lecture d’extraits de l’œuvre de la célèbre romancière états-unienne Toni Morrison, et offrira par ailleurs un aperçu de la production littéraire de l’écrivaine bangladaise Taslima Nasreen, qu’il s’agira de faire (mieux) connaître.
29 mars 2019
de 14:00 à 16:00
— 29 mars 2019
Université Paris 3 - Centre Censier - Salle 335
13 rue de Santeuil, 75005 Paris
Nous proposons d’observer la façon dont Sembene Ousmane mène la critique de la polygamie depuis les espaces intimes partagés entre le mari et chacune des co-épouses. La littérature et le cinéma sont des moyens de pénétrer dans ces lieux privés sous haute tension. Nous lirons dans cette séance la nouvelle Les trois jours (parue en 1961 dans le recueil Voltaïque) et visionnerons quelques scènes-clés de l’intimité du polygame dans son œuvre cinématographique.
8 février 2019
de 13:00 à 15:00
— 8 février 2019
Université Paris 3 - Centre Censier - Salle 449
13 rue de Santeuil, 75005 Paris
Depuis son retour du Tibet en 1924 et la publication retentissante du Voyage d’une Parisienne à Lhassa en 1927, le nom d’Alexandra David-Neel a été reconnu à l’échelle globale comme celui d’une des plus grandes aventurières de l’histoire européenne. Avant son exploit qui suivait un séjour prolongé de quatorze années en Asie, l’auteur était déjà connue dans la sphère publique d’abord comme actrice lyrique puis comme femme de lettres sous différents noms de scène et de plume, parmi lesquels Mitra, Alexandra David, Alexandra Myrial. C’est sous ce dernier nom surtout que l’auteur devient dès les années 1895 une figure médiatique et qu’elle signe en 1902 sa première œuvre littéraire d’importance, Le Grand Art, resté inédit pendant plus d’un siècle.
Avec ce roman surtitré « Mœurs de théâtre » et sous-titré « Journal d’une actrice », l’auteur, devenant écrivain, disait au revoir à sa carrière lyrique. Pour autant, elle ne signait pas un adieu au théâtre et au jeu de l’actrice, car, à l’image des grandes stars de son temps, il n’y a pour elle pas de séparation entre la scène et la vie. Le Grand Art rapporte sous forme de journal intime fictionnel les misères de Cécile Raynaud, une « actrice dans la dèche ». La fiction triomphe au moment où, in fine, le récit de cette « cabotine » se transforme, « l’air de rien », en success story et célèbre l’avènement de l’idole incarnée par cette femme nouvelle. Le roman apporte ainsi autant un éclairage sur l’envers du théâtre de son temps qu’une mise en scène inaugurale de la vision de la personnalité que développe l’auteur à travers son œuvre et son existence.
Tout en s’appuyant sur des lectures d’extraits importants du roman, la présentation s’articulera selon deux axes. Après avoir interrogé les rapports entre genre et théâtralité travaillés par la voix narrative féminine de ce récit autodiégétique, j’analyserai, dans une perspective historique, les enjeux conjointement féministes et bouddhistes de cette œuvre que l’auteur présentait à Marguerite Durand comme « tendant à combattre pour notre cause en exposant sous forme de roman des existences féminines ».
18 janvier 2019
de 13:00 à 15:00
— 18 janvier 2019
Université Paris 3 - Centre Censier - Salle 449
13 rue de Santeuil, 75005 Paris
Metteure en scène et auteure dramatique, Alexandra Badea est née en 1980 en Roumanie. Elle est établie en France depuis 2003. Son théâtre nous propulse dans une écriture dite postmoderne, un théâtre fragmentaire, qui combine des styles disparates, qui traverse les frontières entre les genres. Son écriture, violente, passionnée, presque viscérale, dans des phrases hachées, rythmées est d’abord née de son expérience personnelle, jeune émigrée aux prises avec les formalités administratives, mais qui s’ouvrira assez vite sur les problèmes du monde, une prise de conscience politique de plus en plus engagée. Ses personnages sont souvent des femmes investies dans les grands débats de l’actualité : pauvreté, problèmes des migrants, minorités, holocaustes génocidaires, avortement. Des femmes qui refusent d’être des victimes, des femmes fortes, qui portent la révolte du monde et qui ont un mot à dire sur la violence de ce monde. Et qui reconsidèrent la place de l’intime, la place d’une humanité différente, au cœur d’une lutte et d’une révolte comme manière d’être.
Corpus: Contrôle d’identité ; Mode d’emploi, Burnout, 2008 ; Pulvérisés, 2012 ; Zone d’amour prioritaire, roman, 2014 ; Je te regarde ; Europe connexion ; Extrêmophile, 2015 ; Mondes, 2017 ; A la trace, Celle qui regarde le monde, 2018. (Textes publiés chez L’Arche Editeur, Paris)
23 novembre 2018
de 14:00 à 16:00
— 23 novembre 2018
Université Paris 3 - Centre Censier - Salle 441
13 rue de Santeuil, 75005 Paris
L’œuvre romanesque et poétique de Renée Vivien est caractérisée par une volonté d’exclusion radicale du masculin. Ce discrédit est indissociable du projet de fonder une poétique intégralement féminine, libérée du regard de l’homme. Pour opérer une telle révolution et questionner la fixité des représentations du féminin, Renée Vivien cherche à supprimer les couches d’interprétations qui ont concouru à cet enfermement pour revenir à l’originel. Il s’agit de redessiner une mémoire mythique, par la réappropriation de figures antiques ou bibliques, mais aussi une mémoire historique en donnant sa voix à celles qui sont traditionnellement cantonnées au silence. Vivien tente enfin de convoquer une mémoire littéraire, par la recomposition du texte féminin, et notamment du fragment saphique. Cet ambitieux projet se heurte à l’emprise fondamentale du texte masculin au début du XXe siècle. Loin de trouver l’apaisement sororal, le sujet poétique de Vivien se trouve perpétuellement, et de manière croissante, déchiré entre un désir d’absolu féminin, et une impossible « déprise » (Barthes) du discours dominant. La quête de l’idéal saphique se mue bien souvent en perte de soi. Les dernières parutions de Renée Vivien sont marquées par les thèmes de l’échec poétique, de l’isolement, voire du délire. Nous discuterons de ces tensions au cœur de l’œuvre, et verrons plus largement comment le cas de Renée Vivien est emblématique des questionnements existentiels auxquels sont confrontées poétesses et romancières au tournant du XXe siècle.
28 septembre 2018
de 14:00 à 16:00
— 28 septembre 2018
Université Paris 3 - Centre Censier - salle 310
13 rue de Santeuil, 75005 Paris
Dans un corpus composé de romans récents (Eux et Les Pêchers de Claire Castillon, Du Domaine des Murmures et La Terre qui penche de Carole Martinez et Ladivine de Marie NDiaye), l’écriture d’une pensée et de phénomènes irrationnels articule un glissement spatiotemporel de l’humain vers le végétal, l’animal ou le monstrueux et introduit une conception altérée du monde. Tout en déployant un univers apparenté à différents registres littéraires (merveilleux médiéval, fantastique, surréalisme), les récits, portés par des voix narratives féminines‚ ont en commun de reconfigurer une expérience sociale traumatique des protagonistes dans un imaginaire fictionnel libéré des contraintes logiques de la réalité. Sous l’angle d’une conceptualisation posthumaniste, j’explore comment l’élaboration du thème irrationnel opère un déplacement des perspectives de l’humain et s’accompagne d’un processus de transformation et de déconstruction de la dualité relationnelle, que j’appellerai irr(el)ationnel.