Candidat : Catherine Ménager
Directeur de thèse : Sarga Moussa , Autres membres du jury: Alain Guyot, Bertrand Marquer, Corinne Perrin-Saminadayar, Thierry Poyet, Éléonore Reverzy
Une analyse approfondie des textes et de l’itinéraire intellectuel de Maxime Du Camp montre que leur cohérence repose sur une forme de médicalisation de l’activité littéraire et que l’éclectisme apparent de son œuvre ressortit davantage à sa pluridisciplinarité qu’à ses enjeux fondamentaux. De santé fragile, hypersensible à toute forme de vulnérabilité physique, cet écrivain s’est plus ou moins explicitement approprié les discours médicaux du XIXe siècle pour se forger une posture d’écrivain-médecin qui, tout bien considéré, s’apparente à un autoportrait assez authentique. Plus attentif aux pratiques médicales qu’aux théories, il mobilise régulièrement un regard « clinique » afin d’ausculter la société, de légitimer son autorité morale et de structurer sa pensée. L’ensemble du corpus à l’étude est replacé dans son contexte de publication, de sorte que s’éclaire l’évolution d’un « homme de lettres » singulier, s’essayant tour à tour au récit de voyage, à la photographie, à la poésie, au roman, à la nouvelle et à la critique d’art avant de se consacrer finalement à l’histoire et à des « études d’économie sociale ». Bien que la fiction représente moins d’un quart de sa production, elle occupe une place importante dans cette étude, dans la mesure où elle révèle une tension centrale entre les élans rationalistes assurés et la douloureuse subjectivité qui fonde la vocation thérapeutique de Du Camp. Envisagée dans son ensemble, l’œuvre apparaît ainsi comme une vaste nosographie des « passions », aussi bien collectives qu’individuelles, nourrie par des influences médicales, mais également philosophiques et littéraires.
Axes thématiques : Humanités environnementales et médicales
Mis à jour le 02/06/2026