Auteur du chapitre : Fleur Hopkins-Loféron
Éditeur : Transcript Verlag
Les Métamorphoses (2020) de Camille Brunel se proposent comme un mythe antispéciste et un exemple de roman animaliste donnant à voir la transformation irrépressible des hommes, puis des femmes, en animaux de toutes sortes. Écrit juste avant la pandémie de Covid-19, ce roman résonne fortement avec les questionnements qui ont occupé la scène politique et le monde militant pendant la crise sanitaire, alors que l’opinion publique prenait conscience de la responsabilité des humains dans la destruction des écosystèmes et que le concept d’effondrement revenait sur le devant de la scène. Plus encore, il est le lieu d’une systématique déconstruction des conceptions attachées aux animaux non humains, alors que l’auteur souligne leur individualité et leur confère le statut de personnages, et par extension de personnes. Loin de proposer un pamphlet antihumaniste puisque le genre humain ne s’éteint pas mais se transforme au profit d’un enrichissement du vivant, Brunel suppose que l’antispécisme se conçoive comme un écologisme conscient des interactions des vivants au sein du système-Terre.
Mis à jour le 27/04/2023