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Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Hugo lecteur de Corneille : jeux de miroirs et jeux de rôles

Postérités du Grand Siècle

Auteur du chapitre : Arnaud Rykner

Éditeur : Presses Universitaires de Caen

Avant l’œuvre de Shakespeare et au moins aussi profondément qu’autour des pièces de Shakespeare, c’est autour des pièces de Corneille que s’est organisée une bonne part de la réflexion et de la création théâtrales hugoliennes. En étudiant ce « carrefour cornélien » dans l’œuvre de Hugo, on est à même de comprendre certains aspects de son théâtre, certaines directions qu’il a prises, voire d’autres qu’il n’a pas pu prendre. Il existe en fait une véritable communauté dramaturgique entre Hugo et Corneille, une communauté qui a d’abord été clairement avouée, voire brandie comme une arme, avant de se transformer en une nostalgie quelque peu ambiguë… Bien au-delà d’une simple question d' »influence », cette communauté rend compte de quelques problèmes majeurs rencontrés par une telle dramaturgie. En 1864, Hugo écrivit : « Qui marche en arrière ne marche pas. Allez en avant. Sortez du XVIIe siècle si vous voulez être du XIXe. Si, à trente-cinq ans d’intervalle, l’écrivain réitère l’appel lancé dans les préfaces de Cromwell et d’Hernani, c’est que l’acte libérateur n’a pas vraiment eu lieu. L’injonction, en un sens, s’adresse alors autant à son auteur qu’à ses contemporains. Car sortir du XVIIe siècle, c’est peut-être pour lui consommer enfin et définitivement le meurtre du père. Or, tout se passe comme si l’Œdipe hugolien tournait autour de la figure de Corneille, omniprésente mais aussi discrètement castratrice. Œdipe manqué ou Œdipe tardif ?

Mis à jour le 01/02/2000