unité mixte de recherche 7172
Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Païdeïa de l’anthropomorphose – Pascal Quignard en son Dernier Royaume

Paideia & Humanitas: formar e educar ontem e hoje

Auteur du chapitre : Franck Collin

La paideia n’intéresse plus notre temps. La technoscience et l’économie ont pris le pas sur cette forme d’éducation où le savoir livresque (les litterae) et la maîtrise de la parole (la rhétorique) mettaient l’être-homme au centre de son dispositif. Cette formation de l’espritla paideia grecque, ou son pendant latin, l’humanitasfaisait de la culture et de la pensée le propre de l’homme, fondé sur des postulats à la fois anthropologique, épistémologique et sociologique 1. Héritier de la paideia antique, l’humanisme moderne s’est, à partir de la Renaissance, radicalisé, en établissant l’Homme (européen) comme un centre du monde dont il pouvait disposer à sa guise. Il est reconnu désormais, au XXI e s., que cette anthropomorphie généralisée met en péril la culture aussi bien que la nature, et qu’il est temps de libérer une autre paideia capable de redéfinir l’humanité de l’homme 2. Mais cela est-il possible ? Pascal Quignard, ce « lettré », comme il aime simplement à se définir, si intimement rompu à la culture antique et classique, ne cesse, dans la dernière partie de son oeuvre, Dernier Royaume, de poser la question essentielle de la lecture, de la langue, de la littérature, dans une époque où leur place recule, et de pratiquer une forme de paideia résistante. Cette contre-culture

Mis à jour le 01/01/2018