Auteur : Marion Coste
Journal : Nouvelle Fribourg
Les cinq livres qui composent le cycle intitulé Matière de rêves de Michel Butor sont écrits selon des structures très maîtrisées qui reposent sur des schémas complexes : cela peut donner l’impression que la part de l’imagination spontanée, durant la rédaction, est réduite. Nous montrerons qu’au contraire, cette régulation de la forme permet de déclencher le processus immaîtrisable de l’imagination. Plutôt que de raconter un rêve ayant déjà eu lieu, Michel Butor tente d’inscrire la liberté imaginative propre au rêve dans l’acte même de l’écriture. Nous verrons comment fonctionnent les structures du texte, et en quoi elles permettent de laisser surgir l’immaîtrisable. Nous étudierons ensuite plus particulièrement le processus de ressassement à l’oeuvre dans les livres de Matière de rêves, qui est le moyen de faire sortir du souvenir ce qu’il a d’inconscient et de libérer ainsi une imagination spontanée, presque onirique. Mots-clés.
Mis à jour le 23/03/2016