Auteur : Mathilde Roussigné
Journal : Acta fabula : Revue des parutions pour les études littéraires
La réédition du Miroir du Merveilleux de Pierre Mabille, accompagné du Merveilleux, participe à la reconsidération d’un auteur jusqu’ici considéré comme un compagnon de route du surréalisme. Dans sa préface et l’appareil critique détaillé qu’il propose, Emmanuel Bauchard entend au contraire faire de Mabille un membre à part entière du mouvement en recentrant leur relation autour de l’objet-même de l’essai, le merveilleux. Présenté au détour de la métaphore du château, ce concept-vécu ouvrirait sur la réalité universelle par un long travail de l’homme sur sa propre représentation. Dans une perspective initiatique, celui-ci prend conscience du déterminisme de sa fonction sociale pour mieux s’en détacher et aspirer au réenchantement du monde. La richesse anthologique, faisant notamment la part belle aux productions du Nouveau Monde, participe de la perte de repères du lecteur qui se projette à l’extrême pointe de lui-même. Dès lors, s’ouvre la possibilité de porter la révolte à son extrême limite : cherchant sa place dans le processus historique, les civilisations manipulent — inconsciemment ou non — les représentations, au risque de refermer le merveilleux sur lui-même
Axes thématiques : Contemporanéités, avant-gardes, modernités
Mis à jour le 24/04/2026