Intervention : Anne Castaing
Dans cette communication, nous mettrons en évidence certaines applications des Subaltern Studies quand il s’agit de penser la subalternité, et verrons qu’elles permettent justement non seulement de penser et de concevoir mais surtout d’entendre la différence dans la singularité de son propre langage. A cet égard, nous nous intéresserons particulièrement à la question animale pour montrer comment les outils développés par les Subaltern Studies permettent de penser l’animalité dans toute la complexité de sa formulation ou de sa non-formulation. À bien des égards, l’animal, le « plus autrui des autruis » (Levi-Strauss) peut en effet constituer une figure subalterne, ce que tendent à démontrer les militantismes issus de l’intersectionnalité. Portée ces dernières années par de multiples associations, la cause animale s’est invitée dans le débat public, posant la question de la prise en compte des intérêts animaux. De la même façon, les oeuvres d’art et ouvrages philosophiques qui tentent de donner la parole à des animaux en saisissant leur spécificité propre se font de plus en plus nombreux. Mais l’animal peut-il parler d’une voix propre ? Comment prendre en compte la multiplicité de ses langages, qui vont au-delà du logos ? Comment les traduire ? Au-delà de la question de l’expression de la voix animale se pose aussi celle de son auditeur : est-il possible de l’écouter et à quelles conditions ?
Updated on 15/06/2017