Chapter author : Franck Collin
La vieillerie a peu à voir avec la vieillesse. Les slogans le répètent à l’envi de nos jours : on peut être jeune à tout âge. Il suffirait d’annuler, en fait de retarder, les effets de l’âge pour que la vieillesse devienne un âge comme un autre, où l’on profite pleinement de la vie. D’où les exhortations à rester en forme grâce à une bonne diététique, à garder sa vigueur, à lutter contre l’inéluctable dégradation. Cette vieillerie serait donc le point dialectique autour duquel s’opposent, se complètent, se transforment les deux notions de jeunesse et de vieillesse 1. Chez les Anciens toutefois, une telle dialectique est peu perceptible, tant la vieillesse est représentée comme le temps linéaire d’un délabrement inévitable, auquel tous n’atteignent pas, et que l’on pare, dans le meilleur des cas, de la « sagesse » de l’âge. Un terme peu fréquent, en latin, énonce toutefois la déchéance : le ueternus 2 .
Updated on 01/01/2020