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Théorie et histoire des arts
et des littératures de la modernité
XIXe – XXIe siècle

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Un laboratoire interdisciplinaire pour penser les modernités artistiques et littéraires.

L’unité mixte de recherche THALIM contribue à écrire, à partir des arts et des littératures, une histoire plurielle et transnationale de la modernité. Les compétences de spécialistes de littérature, d’études cinématographiques, d’études théâtrales, d’histoire des arts et d’esthétique fournissent autant de manières d’approcher cette histoire complexe, également nourrie de la diversité des aires culturelles et linguistiques envisagées et de l’étude des transferts culturels qui s’y opèrent.

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Messages du laboratoire

Appel à contribution pour le numéro 18 « Lettre(s) » de la Revue Roumaine d’Études Francophones, qui invite à revisiter ce que devient la culture de l’écrit dans la société contemporaine : quelles sont les nouvelles formes discursives, artistiques, auxquelles les lettres donnent lieu, à l’aune des dialectiques et des tensions qui se dessinent dans leur cas entre visuel et écrit, oral et écrit, liberté d’expression et normativité, originalité et contrainte.
Date limite de soumission des articles : 31/03/2026. Appel sur Calenda

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Portrait de Myriam Suchet, médaillée de bronze CNRS 2025 sur CNRS Images.

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Au Rendez-vous des Amis, Bernard Noël a toujours répondu présent, même lorsque sa santé chancelait.

Dans le livre qui porte ce titre et qui réunit des poèmes dédiés, Michel Butor fait ainsi le portrait de Bernard Noël :

Bernard Noël

(Urbain d’Orlhac)

La fleur de l’âge

Comme dans le septième cercle

de l’Enfer au second giron

s’échappent des arbres humains

sang et paroles à la fois

Ainsi tout au long des parois

du château des livres blessés

perlent des lames et des souffles

venus d’avant les alphabets

Mais des pétales d’inscriptions

s’ouvrant dans les bourgeons poisseux

montent les parfums des rivages

par tant de naufrages rêvés

(Michel Butor, Au Rendez-vous des amis, L’Amourier, 2003)

Dans le dernier entretien public qu’ils eurent, le 17 novembre 2012, à la Médiathèque de Lille, dans le Programme de Citéphilo, Michel Butor et Bernard Noël parlèrent de « L’Utilité poétique ». Cet entretien est publié dans Nord’ n°62, décembre 2013.

A la verve embrassante, pleine de souplesse de Butor, Bernard Noël répond par la force douce d’une parole dont le laconisme offre plus de résistance que tous les discours. Le partage de vues des deux interlocuteurs n’empêche pas la radicalité. Bernard Noël donne ainsi de la poésie – en vérité de la littérature – une définition fondamentale : « la poésie est ce qu’aucune explication n’épuise, je pense que c’est ça qui la rend intolérable. Intolérable /…/ parce que, si rien ne l’épuise, il n’y a pas moyen de la posséder./…/ On ne peut devenir propriétaire d’un texte, on peut le lire et y prendre plaisir, le partager, mais il renaît, si je puis dire, chaque texte renaît de la lecture qu’on en fait, donc, il est inépuisable. »

Et Bernard Noël de pointer les persécutions que subissent la poésie et les institutions qui la soutiennent. Et de s’inquiéter, aussi, là où Butor salue la diversité des supports de texte, de l’extériorisation technologique de la littérature et de la lecture, lesquelles passent avant tout par une expérience tout intérieure: « Quand on écrit, quand on peint, quand on s’exprime, on met à l’extérieur de soi ce qui était jusque-là à l’intérieur. Mais s’il n’y a plus que de l’extérieur, qu’est-ce qui va se passer? »

Au contraire, avec Claude Ollier, si réservé si fragile, dont Bernard Noël a toujours soutenu et publié les livres, le laconisme de Bernard était tout d’accueil, d’attention et de respect généreux, laissant la place à l’expression des retraits et pudeur de son interlocuteur. Leur entretien que je sollicitai à La Maison des écrivains, rue de Verneuil, lors des rencontres consacrées à « Claude Ollier Passeur de fables » (11-13 décembre 1997), fut particulièrement émouvant.

Bernard Noël choisit de concentrer le dialogue sur « le travail, cette intimité, impartageable au fond », et sur comment le lecteur en arrive à partager tout à coup « la bouche de l’écrivain » ; à partager, aussi, l’entièreté de son espace « où il n’y a plus ni dehors ni dedans » (Claude Ollier Passeur de fables, textes réunis et présentés par Mireille Calle-Gruber, Jean-Michel Place, 1999, p.238).

Au terme de cette conversation, presque un murmure entre deux amis qui avaient oublié le public, Claude Ollier en vint à confier les considérations les plus intimes qui soient quant à son travail quotidien : « ce sentiment de jouissance extraordinaire d’écrire quelque chose qui est effacé tout de suite. De même que tout geste est effacé tout de suite, le pas dans le sable, la neige, les cailloux… »

Et je veux citer telle quelle la fin de l’entretien, autant dire le tact du silence de Bernard Noël cueillant la beauté de cet effacement tant poétique qu’ontologique :

CLAUDE OLLIER – /…/ On peut parler de l’impermanent, de l’éphémère, du passage, mais jouir de cette pensée dans sa vie, dans les moindres détails. – ce n’est certainement pas un aboutissement, mais : c’est une conquête. Et cette conquête abolit bien des tracas du cours du temps.

BERNARD NOEL – J’ai envie d’arrêter là.

De ces trois amis, Michel Butor, Bernard Noël, Claude Ollier qui furent aussi un peu mes amis, celui qui m’intimidait c’était Bernard : à cause de cette mélancolie intime qui chez lui est la forme d’une exigence et d’une vigilance sans faille.

Lors de notre première rencontre, il m’avait raconté que « Noël » était le nom de famille que l’on donnait autrefois aux enfants trouvés qui étaient sans-nom.

J’ai toujours pensé que, de la poésie, Bernard Noël, incessamment, en faisait l’enfant trouvé, ré-engendré, ré-inventé, re-nommé, re-né dans le corps des mots de la langue. Inépuisable à jamais.

Mireille Calle-Gruber

Bernard Noël, Mireille Calle-Gruber, Michel Butor, à la Médiathèque de Lille, Citéphilo, 17 novembre 2012.

Photographie : Adèle Godefroy

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Le séminaire de Mireille Calle-Gruber, « Diversités culturelles, différences sexuelles », accueillera l’écrivain Andreas Becker pour parler de son roman L’Effrayable (La Différence, 2012).

Séminaire de Mireille Calle-Gruber, Centre de recherches en études féminines et de genres & littératures francophones (Séminaire de Master 1, ouvert à tous)

Ce séminaire a lieu chaque mardi de 18h15 à 20h15, Salle Max Milner (Ecole doctorale) en Sorbonne, escalier C, 2e étage.

17, rue de la Sorbonne,
75005 Paris

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Le projet ANR DifdePo (2013-2015), porté par Alain Schaffner, est lancé depuis le 1er janvier 2013. Ce projet a été financé dans le cadre du programme « Blanc » , édition 2012,  en Sciences Humaines et Sociales (SHS 3) : Culture, Art, Civilisation.

Contact : Camille Bloomfield (post-doctorante)

Le projet vise à créer une fédération internationale de chercheurs travaillant sur l’Oulipo. Il s’agit de mettre en place des synergies permettant d’avoir une vision d’ensemble du groupe et de ses productions sous leurs différents aspects. Nous privilégierons les perspectives interdisciplinaires, le fondement même de l’Oulipo étant interdisciplinaire (mathématiques, informatique et littérature). Le projet réalisé conduira à une meilleure connaissance d’un creuset méconnu de l’histoire de la littérature du XXe siècle (l’Oulipo influence bien des aspects non-oulipiens de la création contemporaine, qu’elle soit littéraire ou artistique).

Le projet est résolument novateur car aucun groupe de chercheurs international consacré à l’étude de l’Oulipo n’existe à l’heure actuelle. Il est ambitieux par l’ampleur exceptionnelle de l’équipe réunie (une trentaine de membres, dont douze étrangers), par la qualité des équipes partenaires (sous la double tutelle des universités et du CNRS) et par la diversité des résultats attendus. Cinquante ans après sa création, nous commençons à prendre conscience que l’Oulipo est une richesse « potentielle » du patrimoine littéraire français, voire du patrimoine mondial, et qu’il est temps de la mettre en valeur et de mieux la faire connaître. Tel est le but que s’assigne ce projet.

Carnet de recherche du projet sur Hypothèses.org

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Ouvrages et Revues